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    Conférence de Tal Bruttmann : "1944 : le durcissement répressif"


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    Conférence de Tal Bruttmann : "1944 : le durcissement répressif"

    12/10/2018 -

    Conférence

    Dans le cadre des Rendez-Vous du Mont-Valérien, une nouvelle conférence a eu lieu ce mercredi 10 octobre à 18h30 à la Préfecture des Hauts-de-Seine. Tal Bruttmann, historien et membre expert à la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, y a présenté une analyse de l'année 1944, année de durcissement de la répression en France.

     

     

    Après une présentation de l'identité visuelle du Mémorial Mont-Valérien par Antoine Grande, directeur des Hauts lieux de la mémoire nationale d'Île-de-France, l'objectif de la conférence a été donné : comprendre le durcissement répressif en 1944 en France, et au Mont-Valérien, où seuls des condamnés à mort sont exécutés, à travers le contexte européen. Tal Bruttmann a choisi de l'expliquer en quatre points. 

     

     

    La fin de l'année 1943 et le début de l'année 1944 sont d'abord marqués par un retour de la guerre sur le territoire vu comme "ami" pour les Allemands. Les maquis deviennent actifs, les Alliés préparent le Débarquement en bombardant le nord de la Loire. L'Etat de Vichy devient alors un "état milicien" : la milice investit la zone nord, et des cours martiales sont créées. 

    En parallèle, la répression d'Occupation prend une nouvelle dimension en s'attaquant non plus uniquement aux "terroristes", mais à la population civile. Les troupes Einsatzgruppen ayant opéré à l'est arrivent en France et vont utiliser les mêmes procédés. La lutte "anti-bandits" représentée par le Décret Sperrle (février 1944) autorise l'exécution systématique des bandits et la destruction des lieux les ayant abrités. 

    Ce décret va donner lieu aux premiers massacres. En février 1944, l'opération "Caporal" mène à 400 arrestations, 40 exécutions sommaires, 287 déportations et une centaine de fermes incendiées dans l'Ain. En mars a lieu la destruction du maquis des Glières, et en avril, l'opération "Printemps" qui fait 147 morts.

    Ce déchaînement de violence s'accélère avec le Débarquement en Normandie, où la France devient clairement un territoire ennemi. Les Allemands doivent se battre sur deux fronts : le front interne avec la Résistance et externe avec les Alliés. A mesure qu'avancent ce second front, différents régiments, ou bataillons, commettent des massacres dont celui de Tulle le 9 juin, d'Oradour-sur-Glane le 10 juin, de Vassieux-en-Vercors en juillet, d'Argentine (Savoie) et de Maillé (Indre-et-Loire) en août. 

     

     

    Tal Bruttmann a également rappelé qu'en parallèle d'une répression militaire s'opère une répression par la police allemande et la milice française. Il a pris l'exemple de la région de Lyon, l'un des foyers de la Résistance en France. La police allemande procède à des exécutions sommaires de détenus de la prison de Montluc, surpeuplée. La milice lance des opérations contre des maquis notamment dans le Vercors. Cela permet de rappeler que les fusillés du Mont-Valérien sont arrêtés entre 70% et 80% par la police française, et non par la police allemande. 

    Finalement, 1944 reste un modèle particulier. En quelques mois, les actes de violences ont été plus nombreux qu'en trois ans de guerre (1940-1943). Pour autant, en dehors du massacre d'Oradour, ces actes n'ont pas intégré la mémoire nationale. Ils sont, pour l'essentiel, commémorés et transmis à une échelle locale.

     

    Prochain "Rendez-Vous du Mont-Valérien" : 
    "La répression par Vichy. L'exemple de Jean Zay"
    12 décembre 2018 à 18h30
    Par Hélène Mouchard-Zay, fille de Jean Zay, créatrice et présidente du CERCIL à Orléans