Derniere Minute

     
    imprimez le contenu de la page| |

    Vous êtes ici : Mont Valérien > Actualités > Chez nos partenaires

    Hubert Germain. Le dernier compagnon


    Hubert Germain. Le dernier compagnon

    13/10/2021 -

    Nécrologie

    C'est avec tristesse que nous apprenons le décès d'Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération. Nos premières pensées vont à sa famille et à ses proches.

    « La passion d’abord.
    La raison ensuite »

    Fils d’un officier général issu des troupes coloniales, Maxime Germain, Hubert est né en août 1920 à Paris. Pendant plusieurs années, la famille suit le père au cours de ces déplacements dans différentes régions du monde. Enfant, Hubert Germain découvre ainsi les cultures des pays méditerranéens et effectue son lycée à Hanoï.

    En juin 1940, Hubert Germain a 19 ans et prépare le concours de l’École navale à Bordeaux. Cherchant à poursuivre la lutte après la débâcle, il apprend qu’un général appelle au rassemblement à Londres, capitale qu’il souhaite rejoindre avec trois camarades. Ils passent par Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques) et embarquent le 24 juin sur un cargo britannique, au milieu des troupes polonaises en retraite.

    « Qu’est-ce qui nous touchait dans cette aventure ? D’abord la diversité sociale des personnes présentes à Londres »

    D’abord affecté à la marine, il reçoit les conseils de son parrain, également à Londres, le général Legentilhomme et part vers la Palestine. Le jeune français libre participe à la campagne de Syrie en 1941 puis, dans son souhait d’action, rejoint la Légion étrangère. Il se distingue dans les combats de Bir-Hakeim du 27 mai au 11 juin 1942. Promu sous-lieutenant, il prend part aux combats en Égypte puis en Tunisie jusqu’en mai 1943.
    Blessé, Hubert Germain rejoint son unité à Monte Cassino au printemps 1944. En mai, il est gravement blessé et envoyé pour des soins à l’hôpital de Naples. C’est dans cet instant de convalescence et de difficultés morales qu’il apprend qu’il a été élevé, par le général de Gaulle, au rang de compagnon de la Libération.
    En août, il débarque en Provence. Profitant de cette proximité avec sa famille, il cherche à la rejoindre sans y retrouver son père, tombé en disgrâce aux yeux du gouvernement et déporté en République tchèque. Il participe ensuite aux campagne des Vosges, d’Alsace et termine la guerre dans le sud des Alpes.

    À la fin du conflit, il renonce à sa carrière militaire. Attaché de direction dans une entreprise de produits chimiques, il s’engage en politique et rejoint le parti gaulliste. Maire de Saint-Chéron (Essonne), député de Paris de 1962 à 1972, il entre également au cabinet de Pierre Messmer, aux côtés duquel il a combattu en Lybie. En 1972, Messmer fait de lui son ministre des postes et des télécommunications puis des relations avec le Parlement en 1974. Toujours investi, il est vu comme un homme moderne qui souhaite avancer avec son temps.

    Pendant de longues années et jusqu’à son décès, Hubert Germain s’est acquitté du devoir de transmettre, avec honnêteté, de son parcours, de ce qu’il a pu voir, vivre, comprendre et des raisons de son engagement pour la France.

    « Il visita le camp d’Auschwitz, un matin d’hiver et de neige. Il vit les fours, les entassements de cheveux de femmes, les montagnes de blaireaux, les châles de prière juifs surtout « qui flottaient dans le vent comme des fantômes ». L’homme resta saisi d’émotion de ce voyage en enfer. Ce jour-là, disait-il, il avait compris encore un peu mieux pour quelle cause il s’était battu »
    Benoît Hopquin
    Le Monde

    Photographie montrant le général de Gaulle en juin 1943 à Tunis, en compagnie du capitaine Gabriel Brunet de Sairigne et du lieutenant Hubert Germain (au centre, derrière), publiée par le Musée de l'Ordre de la Libération
    Crédit : Musée de l’Ordre de la Libération/AFP/Archive