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L’aménagement muséographique


L’aménagement muséographique

 

Une légende longtemps véhiculée par les gardiens du Mont-Valérien voulait que le général de Gaulle, lors des cérémonies du 18 Juin, après avoir rallumé la Flamme de la Résistance et parcouru la crypte des 16 Morts pour la France, se soit recueilli pendant des heures entières dans un petit bureau adjacent à la crypte.

Or, les archives découvertes notamment à l’ECPAD ont permis de vérifier que lors de cette cérémonie, le Général ne pénétrait pas dans ce bureau qui alors abritait les gardiens du mémorial.

D’où vient alors cette légende ? Avant l’aménagement muséographique, qui rappelle l’œuvre du général de Gaulle au Mont-Valérien de 1944 à 1962, la présence dans cette pièce de meubles de récupération (fauteuils et table), d’un bouquet de fleurs artificielles et d’une photocopie du portrait du général de Gaulle n’était que le fait des gardiens du mémorial qui avaient voulu rappeler le passage du chef de la France Libre en ces lieux.

Sur le film de l’inauguration du mémorial de la France combattante, le 18 juin 1962, on peut remarquer que la dite pièce est fermée lors de la visite du Général dans la crypte. L’appellation « bureau du général de Gaulle » ne repose donc sur aucune réalité.

 

10 et 11 novembre 1945, transfert des dépouilles des 16 morts pour la France au Mont-Valérien

 

Dès 1945, le Gouvernement provisoire de la République française, présidé par le général de Gaulle, décide d’ériger au Mont-Valérien, lieu d’exécution de nombreux résistants et otages sous l’Occupation, un monument commémoratif aux « Morts pour la France » de la Seconde Guerre mondiale. 

À l’initiative d'Henri Frenay, alors ministre des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, une cérémonie grandiose se déroule les 10 et 11 novembre 1945. Les corps de quinze combattants sont accompagnés à travers Paris en cortège jusqu’à l'Arc de Triomphe. Ils sont ensuite déposés au cours d'une prise d'armes solennelle dans une casemate du fort du Mont-Valérien transformée en caveau provisoire. Sur la paroi est gravée l’inscription qui se retrouve dans la crypte : « Nous sommes ici pour témoigner devant l'histoire que de 1939 à 1945 ses fils ont lutté pour que la France vive libre ».

Les quinze dépouilles symbolisent la France au combat de 1939 à 1945 et les divers aspects de la lutte engagée : les soldats de la campagne de 1939-1940, ceux des Forces françaises libres, les résistants de l’intérieur, et les combattants de l’armée de Libération. Une résistante déportée est également choisie pour évoquer le martyr de la déportation.

Un 16ème corps, celui d'un soldat fusillé par les Japonais en 1945 en Indochine, est transféré au Mont-Valérien le 9 mars 1952.

Le 26 avril 1954, lors de la première « journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation », une urne contenant les cendres de déportés inconnus est déposée dans le caveau provisoire.

18 juin 1960, inauguration du Mémorial de la France combattante

 

Resté en sommeil depuis le départ du général de Gaulle du gouvernement en janvier 1946, le projet de monument est relancé en 1958. À son retour au pouvoir, le général de Gaulle décide de faire édifier le « Mémorial de la France combattante » au Mont-Valérien. Félix Brunau, inspecteur général des bâtiments civils et palais nationaux, est chargé de la mise en œuvre des travaux.

Dans la nuit du 17 juin 1960, lors d'une veillée émouvante, chacun des cercueils des seize combattants, accompagné de six porteurs de torches, est transféré dans la crypte du mémorial.

Le général de Gaulle, Président de la République, inaugure officiellement le Mémorial de la France combattante le 18 juin 1960, lors d’une grande cérémonie publique commémorant le 20ème anniversaire de l’appel qu’il lança depuis Londres en 1940.

La France Combattante 

La « France Libre » est le nom donné à l'organisation de résistance extérieure fondée à Londres par le général de Gaulle à la suite de son appel le 18 juin 1940. Les forces armées ralliées à la France Libre sont appelées Forces françaises libres (FFL).

En 1942, l’instance dirigeante de la France Libre, le Comité national français (CNF), présidé par le général de Gaulle, décide de marquer l'union des forces de l’extérieur et des combattants de l’intérieur. Le 13 juillet, la « France Libre » est ainsi officiellement renommée « France Combattante ».

La France Combattante réunit tous les Français « qui contribuent, où qu'ils se trouvent, à la Libération de la France par la victoire commune des Nations Unies ».

17 juin 1960, veillée de transfert des dépouilles de la casemate vers la crypte du Mémorial, carte postale et timbre premier jour 7 avril 1962

© Collection particulière
17 juin 1960, veillée de transfert des dépouilles de la casemate vers la crypte du Mémorial

© Musée de l’Ordre de la Libération

Le monument et la cérémonie annuelle du 18 juin

 

Le Mémorial est érigé contre le mur d’enceinte sud-est du fort, sur une esplanade de plus de 10 000 men forme de « V » de la victoire. Un mur de grès rose de 150 mètres de long porte seize hauts-reliefs en bronze, œuvres de seize sculpteurs différents, allégories de l'héroïsme des combattants et des formes multiples du combat.

Au centre, se dresse une croix de Lorraine de 12 mètres de haut devant laquelle brûle en permanence la « flamme de la résistance ». Deux portes en bronze permettent d’accéder à la crypte funéraire et au parcours du souvenir qui mène au site historique et à la clairière des fusillés.

Dans la crypte, les cénotaphes, présentés en arc de cercle et recouverts du drapeau tricolore, entourent l'urne contenant les cendres de déportés inconnus. Un emplacement de caveau, le n°9, est réservé au dernier Compagnon de la Libération.

Depuis le 18 juin 1960, l’esplanade de la France combattante est le lieu de nombreuses cérémonies, et notamment de celle qui commémore l'appel du général de Gaulle le 18 juin 1940, organisée sous l’égide de la Chancellerie de l'Ordre de la Libération. Elle regroupe les plus hautes autorités de l'État, les Compagnons de la Libération, leurs familles et celles des Compagnons décédés, ainsi que les représentants des villes et unités militaires titulaires de l’Ordre.

Depuis 2006, la cérémonie officielle du 18 juin fait partie des journées nationales annuelles de commémoration.