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La guerre et l’occupation allemande


Le 3 septembre 1939, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne nazie qui a envahi la Pologne.

10 mois plus tôt, en août 1939, recevant le président du Conseil, Edouard Daladier, le général Gamelin, avec une belle assurance, affirmait : « L’armée française est prête ». Mais était-elle prête à faire face à la guerre éclair, la Blitzkrieg, que les généraux allemands allaient lui imposer ?

Le 3 septembre 1939, suite à l’agression nazie contre la Pologne, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l’Allemagne. Pendant 8 mois de « drôle de guerre », les Alliés, retranchés derrière la ligne Maginot, se cantonnent dans la défensive. Leur foi dans la ligne Maginot et leur supériorité navale leur permettent cet attentisme. Mais le commandement français confond défense et inaction. Faisant preuve d’un manque total d’imagination, il laisse l’initiative à l’ennemi.

Le 10 mai 1940, les divisions allemandes passent à l’attaque. Le général Gamelin est confiant. Son ordre du jour précise : « L’attaque que nous avons prévue depuis octobre dernier s’est déclenchée ce matin. L’Allemagne engage contre nous une lutte à mort. Les mots d’ordre sont pour la France et tous ses alliés : courage, énergie, confiance… Comme l’a dit, il y a vingt-quatre ans, le maréchal Pétain : nous les aurons ! ».

Trois jours plus tard, les panzer percent dans les Ardennes, puis foncent vers la mer, réussissent à l’atteindre, encerclant les Alliés dans le Nord, malgré une farouche résistance française. Les Belges capitulent le 28 mai, tandis que 350 000 soldats alliés sont évacués par mer de la poche de Dunkerque. Le 5 juin, les armées ennemies crèvent le front reconstitué par le général Weygand. Sur la Somme, les Français combattent avec l’énergie du désespoir à 1 contre 3. Les positions françaises cèdent sous la rapidité des manœuvres allemandes. La première armée du monde s’effondre. Le 14 juin, les troupes allemandes pénètrent dans Paris.

Commencé dès les premiers combats, l’exode des populations civiles prend des proportions dramatiques. La France coule sur les routes. Un raz de marée humain, terrifié par les attaques et les sirènes hurlantes des bombardiers Stuka, submerge les routes que le gouvernement emprunte pour trouver refuge à Tours puis à Bordeaux. Quittant leurs maisons, traînant charrettes et baluchons, tentant de prendre des trains déjà bondés, dans les gares bombardées, les civils, hommes, femmes, enfants, vieillards, fuient les combats, les bombardements aériens et les exactions allemandes : exécutions de prisonniers de guerre, d’otages, viols et pillages des villages abandonnés. Des soldats ivres de fatigue se joignent aux civils pour le sauve-qui-peut général.

Au milieu de la peur et de la confusion, de la débâcle militaire et de l’exode de 8 millions de civils, le gouvernement fuit sur les routes encombrées et mitraillées. Les administrations, les gendarmes, les pompiers ont quitté les villes et villages. Une nation s’effondre. A Chartres, vidé de ses habitants, sans eau ni électricité, seul le préfet du département, Jean Moulin, est présent à son poste pour accueillir, soigner et nourrir les centaines de milliers de réfugiés du Nord, de Picardie, des Ardennes et de Paris, qui fuient éperdument vers le sud.

Le 16 juin, de retour d’une mission à Londres, le général de brigade à titre temporaire, Charles de Gaulle, apprend la démission de Paul Reynaud et de son gouvernement dans lequel il était secrétaire d’Etat à la défense. Le président de la République, Albert Lebrun, a chargé le maréchal Pétain de former le nouveau gouvernement. Pour de Gaulle, tout est clair : « C’était la capitulation certaine. Ma décision fut prise aussitôt. Je partirai dès le matin. ».

Au matin du 17 juin, dans Chartres déserté, le préfet Moulin, avec un conseiller municipal et un représentant de l’évêque, accueille les Allemands. Par ce geste, il souhaite leur opposer «une armature sociale et morale digne de notre pays». A l’officier qui se présente, il demande de respecter la population civile. Au même instant, le général de Gaulle, accompagné par le général anglais Spears et le lieutenant de Courcel, s’envole de l’aéroport de Bordeaux, pour rejoindre l’Angleterre.

A midi trente, dans un discours à la radio, le maréchal Pétain appelle «à cesser le combat». Alors que les soldats français continuent courageusement de se battre sur la Loire, sur le Rhône, dans les Vosges, contiennent les offensives italiennes dans les Alpes, que des millions de civils fuient sur les routes de l’exode, cet appel à la «non résistance» sonne comme un double aveu : celui de l’acceptation de la défaite française, celui de la reconnaissance de la supériorité nazie.

Pour Pétain, la défaite française n’est pas seulement militaire. Elle est due à «l’esprit de jouissance» qui «l’a emporté sur l’esprit de sacrifice». Il explique : «On a revendiqué plus qu’on n’a servi. On a voulu épargner l’effort : on rencontre aujourd’hui le malheur». Il faut alors tirer «les leçons des batailles perdues».

Le 21 juin, à Rethondes, l’armistice est signé et le 25 juin, les hostilités cessent. 1,8 million de Français sont faits prisonniers ; 92 000 soldats sont tués et 225 000 blessés en moins de sept semaines de terribles combats ; des milliers de civils sont morts sous les bombardements ; des centaines de villes et de villages sont dévastés ; dans le plus grand chaos, alors que les administrations ont déserté leurs postes, des millions de Français errent encore sur les routes. Au milieu de ce désastre sans précédent, le maréchal Pétain semble se dresser pour faire face à un avenir lugubre. Le 25 juin, alors que des combats se poursuivent, dans les Alpes et sur la ligne Maginot, le maréchal Pétain proclame que la «résistance armée doit cesser».

Les clauses de l’armistice sont draconiennes pour la France vaincue : l’armée est réduite à 100 000 hommes, la flotte de guerre est neutralisée, d’importants frais d’occupation doivent être payés. Alors que les conditions d’armistice ne prévoyaient qu’une ligne de démarcation entre une zone occupée par l’armée allemande et une zone libre, la France est dépecée en sept. Seule la zone libre échappe à l’occupation allemande. L’Alsace-Moselle est annexée de fait au Reich tandis que les départements du Nord et du Pas-de-Calais sont rattachés au commandement militaire allemand de Bruxelles. Une zone côtière interdite s’étend sur toute la longueur des côtes atlantiques et de la Manche, sur une largeur variant de 15 à 50 kilomètres. La zone interdite du Nord comprend le nord des départements de la Somme et de l’Aisne. La zone réservée du Nord-Est, des frontières des Ardennes au sud du Jura, forme une région interdite aux réfugiés, où l’administration française est réduite. Les Italiens occupent des territoires dans les Alpes.

En sept semaines, une nation puissante, disposant de la meilleure armée du monde, connaît le sort des pays vaincus, des peuples soumis à la loi de leur vainqueur.

La France est divisée en plusieurs zones : la zone nord est occupée par l’armée allemande, tandis que le nouvel « Etat français » s'installe en zone sud, à Vichy.

Le 10 juillet, la République est sabordée. Le nouveau régime du maréchal Pétain met en œuvre sa « Révolution nationale » contre « l’anti-France », étrangers, communistes, Juifs, francs-maçons et défenseurs de la République. Une législation antisémite est promulguée dès le 3 octobre 1940 avec l'adoption du premier statut des Juifs. Le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain et le Führer Adolf Hitler conviennent d'une politique de collaboration lors de leur rencontre à Montoire.

 

Les zones d’occupation

L’armistice de juin 1940 instaure une ligne de démarcation et divise la France en plusieurs zones :

  • la zone sud, dite « libre » ou « non occupée », n’existe que jusqu’en novembre 1942, date à laquelle l’armée allemande envahit tout le territoire,
  • le Nord et le Pas-de-Calais sont rattachés au commandement militaire allemand de Bruxelles,
  • l’Alsace-Moselle est annexée au Reich,
  • le littoral atlantique devient zone côtière interdite à partir d’avril 1941,
  • dans les Alpes, une zone d’occupation italienne existe à partir de l’armistice du 25 juin 1940, puis s’étend jusqu’au Rhône de novembre 1942 à septembre 1943.

L’installation des troupes allemandes en zone occupée bouleverse la vie quotidienne des Français. Pour passer d’une zone à l’autre (zone libre et occupée, mais aussi interdite, rattachée à Bruxelles, annexée au Reich), un ausweis (laissez-passer) est nécessaire, encore faut-il pouvoir l’obtenir : les autorités allemandes ne les délivrent qu’au compte-gouttes. Les cartes et tickets de rationnement font également leur apparition : nourriture, textile, charbon… : « carte provisoire de vêtements et d’articles textiles », « carte spéciale de vêtements et d’articles textiles pour enfants de bas âge », « demande de cartes de pommes de terre »... La carte nationale d’identité est créée par Vichy en 1942. Les Allemands ont, dès l’automne 1941, à Paris, souhaité cette nouveauté administrative pour les Français : il s’agit de pouvoir contrôler à tout moment l’identité des personnes interpellées et notamment des Juifs : en octobre 1941, les Juifs français doivent aller faire apposer sur leurs papiers d’identité un tampon « Juif ». La mesure sera reprise par l’Etat français en zone sud en décembre 1942. En zone nord, les nazis imposent le port de l’étoile jaune en mai 1942 : trois étoiles coûtent un point de la carte textile.

L'armistice de juin 1940 instaure une ligne de démarcation et divise la France en plusieurs zones :

- la moitié nord passe sous occupation allemande

- la zone sud, dite "libre" ou "non occupée" n'existe que jusque novembre 1942, date à laquelle l'armée allemande envahit le territoire

- le Nord et le Pas-de-Calais sont rattachés au commandement militaire allemand de Bruxelles

- l'Alsace-Moselle est annexée au Reich

- le littoral atlantique devient zone côtière interdite à partir d'avril 1941

- dans les Alpes, une zone d'occupation italienne existe à partir de l'armistice du 25 juin 1940, puis s'étend jusqu'au Rhône de novembre 1942 à septembre 1943
Panneau parisien indiquant l’Hotel Majestic, siège du MBF.



Le commandement militaire en France (Militärbefehlshaber in Frankreich - MBF) administre la zone occupée et se charge de la politique répressive :

- il dispose de sa propre police militaire,

- il juge les personnes arrêtées dans les tribunaux militaires,

- il instaure des mesures de représailles.