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Le rôle des associations


Le rôle des associations dans l’édification d’un lieu de mémoire au Mont-Valérien

 

Les associations de familles de fusillés et d’anciens résistants et déportés ont toujours honoré la mémoire de leurs proches et de leurs camarades dans la clairière du Mont-Valérien. Dès 1944, les associations ont souhaité qu’un hommage national soit rendu à leurs martyrs. Quand, dans les années 50, le projet sembla oublié, seules les associations ont poursuivi leur devoir de mémoire. Après l’inauguration du Mémorial de la France combattante, si elles se sont félicitées de l’œuvre du Général sur le site, elles ont poursuivi leurs efforts pour que tous les fusillés du Mont-Valérien soient identifiés et qu’un monument leur rende hommage.

Dès 1942, le jeune architecte Jean Rey, résistant catholique, dessine un projet qu’il souhaite installer sur le Mont-Valérien. Il prévoit un « ensemble gigantesque de monuments patriotiques et religieux à la mémoire de tous les héros et de toutes les victimes de la guerre ». Les vestiges historiques auraient fait place à un mémorial et à un monastère destiné à commémorer les combattants et les victimes de la Seconde Guerre mondiale.

Après la guerre, patronnée par Mmes d’Estiennes d’Orves et la veuve de Charles Péguy, l’association « le Parvis de la France » achète une parcelle de terrain sur les pentes de la butte des cendres (glacis nord-ouest sur la commune de Nanterre) et transforme une ancienne casemate en une chapelle fermée de grilles évoquant les barbelés. Trois croix, rappelant celles du Golgotha et les trois guerres franco-allemandes sont érigés en 1946. Sur le « calvaire de la butte des cendres », chaque premier samedi du mois, les noms des fusillés sont lus. Le 6 juin 1949, rien moins que 14 autres croix, chacune portant la date de l’une des années de guerre subies par la France depuis 1870, sont rajoutées pour former les stations du chemin de croix. L’ensemble est détruit au début des années 70 quand à Nanterre est construit le nouveau cimetière paysager.

Toutefois, le rôle des associations a été de premier plan lors de l’enlisement du projet officiel dans les années 1950. Les initiatives associatives sont toujours demeurées nombreuses et variées, faisant du Mont-Valérien un lieu de pèlerinage, au sens propre du mot et un lieu de souvenir (familiale, « communautaire ») à défaut encore d’un lieu de mémoire officielle et nationale. Ainsi, chaque premier samedi du mois, avait lieu une cérémonie de lecture des noms des martyrs dans la clairière du Mont-Valérien. Cette cérémonie aurait pris fin en 1963, après l’inauguration du Mémorial de la France combattante.

C’est ensuite, au cours des années 80 et 90, l’association des fils et filles de déportés juifs de France avec la publication de sa liste des fusillés dans un ouvrage intitulé « Les 953 fusillés du Mont-Valérien 1941-1944, parmi lesquels 161 juifs » qui relance utilement le débat sur le Mont-Valérien et le nombre de fusillés. En 1996, une version actualisée de l’ouvrage est éditée, le nombre des fusillés étant porté à 1007. Acette occasion, Me Klarsfeld entame une campagne pour que la plaque actuellement située au Mont-Valérien - et qui fait allusion aux 4 500 fusillés - soit rectifiée. C’est dans ce contexte que Me Badinter, à l'occasion d'un débat au Sénat, a souhaité qu'un hommage matérialisé soit rendu aux fusillés en cause. Le secrétariat d’Etat reprend alors l’idée et forme une commission qui se réunit pour la première fois le 10 février 1998 avec pour but de « constituer une liste nominative des fusillés et de choisir un site pour concrétiser ce travail » et honorer la mémoire des fusillés.

En 2003, l’inauguration du moule de cloche portant les noms de tous les fusillés identifiés a constitué le point d’orgue de la volonté des associations d’honorer les fusillés dans ce lieu depuis près de soixante ans. Aujourd’hui, la possibilité offerte aux visiteurs du Mont-Valérien de consulter les 1010 fiches des fusillés du Mont-Valérien (et bientôt des autres lieux de fusillade en Ile-de-France) parachève l’action associative : dorénavant, les fusillés sont honorés et connus. Leurs noms et leurs parcours de résistants et d’otages sont à la disposition de tous les visiteurs et bientôt des internautes sur le site www.mont-valerien.fr.