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Commémoration du 69ème anniversaire de l'exécution du groupe de Missak Manouchian


Commémoration du 69ème anniversaire de l'exécution du groupe de Missak Manouchian

20/02/2013 -

Commémoration

"Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c'est alors que l'un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand".

Louis Aragon, Le Roman InachevéStrophes pour se souvenir.



Missak Manouchian est né le 1er septembre 1906 dans une famille de paysans arméniens du petit village d'Adyaman, en Turquie. Il a huit ans lorsque son père trouve la mort au cours d'un massacre par des militaires turcs. Sa mère meurt peu de temps après. Missak et son jeune frère sont recueillis par une institution chrétienne en Syrie.

Arrivé en 1924 avec son jeune frère à Marseille, Missak apprend la menuiserie. La crise économique le contraint à de longues périodes de chômage. Il fréquente les "universités ouvrières" créées par la CGTU, fonde des revues littéraires et dirige le Comité de secours à l'Arménie.

Il adhère au parti communiste français en 1934 et devint secrétaire de l'Union populaire arménienne en 1938. En 1939, après l'interdiction du parti communiste, Manouchian est interné au camp de Compiègne (Oise) lors une vague d'arrestations menée dans les milieux communistes.

 Libéré, il devint responsable politique de la section arménienne clandestine de la MOI (main d'oeuvre immigrée). En 1943, Manouchian rejoint les rangs du premier détachement des FTP-MOI. Le 17 mars 1943, il participe avec Marcel Rajman et Arsène Tchakarian à sa première opération armée contre une patrouille allemande, près du pont de Levallois.

 Il est nommé commissaire technique des FTP-MOI parisiens en juillet 1943. Le mois suivant, il devient commissaire militaire et dirige trois détachements de combattants. Il mène une trentaine d'opérations contre l'occupant, dont l'exécution du général SS Julius Ritter, adjoint de Fritz Sauckel en France.

 Manouchian est interpellé, le 16 novembre 1943 à la gare d'Evry-Petit-Bourg (Seine-et-Oise), au cours d'un rendez-vous avec son supérieur Joseph Epstein, chef interrégional des FTP. A l'issue d'un procès spectacle, Missak Manouchian est condamné à la peine de mort, le 19 février 1944, par le tribunal militaire allemand de Paris, pour activité de franc-tireur, comme ses vingt-deux camarades FTP-MOI. Le service de propagande allemand utilise sa photographie pour réaliser sa campagne "L'armée du crime" autour de l'Affiche Rouge.

 Missak Manouchian est fusillé le 21 février 1944 au Mont-Valérien avec 21 de ses camarades FTP-MOI ; Olga Bancic, membre du groupe et seule femme, est déportée en Allemagne où elle sera décapitée.